Aloïse Corbaz

Aloïse Cobraz

Suisse, juin1886 – avril 1964

Aloïse Corbaz Lauterbrunen (recto) Avant 1950 Crayon de couleur et craie sur papier ©crédit photographique Collection Sainte-Anne Inv. n°0112

Aloïse Corbaz
Lauterbrunen (recto)
Avant 1950
Crayon de couleur et craie sur papier
©crédit photographique
Collection Sainte-Anne
Inv. n°0112

Aloïse Corbaz Banknote Avant 1950 Crayon de couleur et craie sur papier 72 x 50,5 cm ©crédit photographique Collection Sainte-Anne Inv. n°0111

Aloïse Corbaz
Banknote
Avant 1950
Crayon de couleur et craie sur papier
72 x 50,5 cm
©crédit photographique
Collection Sainte-Anne
Inv. n°0111

 

Aloïse Corbaz, dite Aloïse ou Aloyse, est née à Lausanne le 28 juin 1886. Hospitalisée à partir de 1918 à l’hôpital universitaire de Cery, elle est transférée le 12 octobre 1920 à l’asile de la Rosière. Si, durant les premières années de son internement, elle s’isole et a des accès de violence occasionnels, elle s’adapte ensuite progressivement à la vie hospitalière.

C’est dans ce contexte que naissent ses « écrits cosmogoniques », qu’elle agrémente de petits dessins.

A partir de 1933 sa vie semble s’organiser de façon à la fois ouverte et ritualisée. Le matin elle s’adonne au repassage du linge des infirmiers. Il s’agit pour elle d’une activité agréable et incontournable que rien ne pouvait interrompre. Ses après-midi étaient consacrées au dessin qu’elle pouvait maintenant pratiquer moins secrètement. Ce nouvel équilibre de vie semble s’être accompagné d’une stabilisation voire d’une amélioration de son état psychique.

Progressivement ses productions ont pris un caractère éclatant et monumental, les supports utilisés étant de plus en plus immenses. Le « Cloisonné de théâtre » qui date de 1950, est l’aboutissement de cette période. Cette dernière inaugure certainement les années les plus sereines de sa vie de femme et les plus abouties de sa vie d’artiste. Le caractère violemment urgent de ses premiers dessins laisse place à une recherche autour des couleurs et à un souci d’esthétisme affirmé.

Aloïse a commencé à dessiner dans des « conditions clandestines », mais très vite elle a attiré l’attention du professeur Hans Steck qui lui procura des cahiers de dessin et des crayons de couleur. Cependant, elle continue à garder le goût des matériaux de hasard.

Jean Dubuffet qui était particulièrement attentif à toutes les productions artistiques réalisées en dehors des circuits culturels habituels, avait pour Aloïse, une très grande admiration. Il lui rendit d’ailleurs visite à la Rosière pour lui faire part de ses impressions et de son intérêt. Il semble qu’il fut un peu désemparé à l’issue de cette rencontre tant l’artiste était plus attachée à ses conditions de vie qu’à une reconnaissance publique de ses œuvres.

Trois œuvres, dont deux recto – verso, sont aujourd’hui inscrites dans l’inventaire de la Collection Sainte-Anne. Elles ont été données par le professeur Hans Steck à la suite de l’Exposition internationale d’art psychopathologique de 1950 à l’hôpital Sainte-Anne.

Les œuvres d’Aloïse Corbaz furent présentées à:

  • Paris, 1950, Centre hospitalier Sainte-Anne, Exposition internationale d’art psychopathologique, du 29 septembre a 22 octobre 1950.
  • Besançon, 1958, Musée des Beaux-arts, Œuvres d’art psychopathologie, du 7 au 25 juin 1958.
  • Paris, 1981, Centre Georges Pompidou, Paris – Paris, du 28 mai au 2 novembre 1981
  • Paris, 2000, Université René Descartes Paris V, Galerie Saint-Germain, De Sainte-Anne et d’ailleurs, Collections anciennes du CEE, du 27 juin au 11 juillet 2000 (catalogue disponible).
  • Paris, 2003, Galerie nationale du Jeu de Paume, La clé des champs, du 8 juillet au 28 septembre 2003.
  • Paris, 2015, Centre hospitalier Sainte-Anne, Musée Singer-Polignac, L’art pour l’art, la Collection Sainte-Anne, du 29 mai au 28 juillet 2015 (catalogue disponible).

Une biographie de l’artiste Aloïse Corbaz est également disponible dans le Tome 3 De L’art des fous à l’œuvre d’art – Une collection venue d’ailleurs, aux éditions Edite – Centre d’Etude de l’Expression, 2009, p.26-45.

Une recherche relative à la datation des œuvres d’Aoïse Corbaz conservées dans la Collection Sainte-Anne est publiée dans le catalogue de l’exposition Du visible à l’illisible, 2013, p.35-37 (catalogue disponible).

 

 

 

'.